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Fin de vie: les députés abordent le coeur des débats sur l'aide à mourir
information fournie par AFP 19/02/2026 à 07:57

L'Assemblée nationale a entamé mercredi dans l'hémicycle les discussions au fond sur la création d'une aide à mourir, dans des débats parfois crispés ( AFP / Martin LELIEVRE )

L'Assemblée nationale a entamé mercredi dans l'hémicycle les discussions au fond sur la création d'une aide à mourir, dans des débats parfois crispés ( AFP / Martin LELIEVRE )

L'Assemblée nationale a entamé mercredi dans l'hémicycle les discussions au fond sur la création d'une aide à mourir, dans des débats parfois crispés entre partisans et opposants de la création de ce droit.

Deuxième proposition de loi sur la fin de vie, examinée pour la deuxième fois à la chambre basse, le texte d'Olivier Falorni prévoit la création "d'un droit à l'aide à mourir", sous conditions. Elle impliquerait l'administration d'une substance létale par le patient lui-même ou, s'il n'est physiquement pas en mesure de le faire, par un médecin ou un infirmier.

Mercredi les débats ont d'abord été sémantiques, entre l'expression d'"aide à mourir", de "suicide assisté" ou "d'euthanasie", ce dernier terme étant particulièrement combattu par M. Falorni, en raison du rapprochement fait avec l'euthanasie pratiquée par le régime nazi.

"Le fait même, la réalité même, que les nazis se soient servis de l'euthanasie, et bien ça devrait suffire à nous faire peur et à rejeter ce texte", a ainsi lancé Stéphane Rambaud (Rassemblement national).

"Il n'y a pas une journée où je ne me fais pas traiter de nazi au moins 200 fois sur les réseaux sociaux", a répliqué M. Falorni, défendant une définition d'"aide à mourir" qui "ne laisse subsister aucune ambiguïté quant à l'auteur de la demande d'aide à mourir, qui ne peut être que la personne qui souhaite bénéficier de celle-ci".

"A la fin de ma vie, si je suis concerné, touché par la maladie, je ne suis vraiment pas sûr de solliciter une aide à mourir", a d'ailleurs souligné M. Falorni, avant d'ajouter : "la seule chose dont je suis absolument certain c'est que j'aimerais pouvoir avoir le choix".

La ministre de la Santé Stéphanie Rist le 4 février 2026 à l'Assemblée nationale à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La ministre de la Santé Stéphanie Rist le 4 février 2026 à l'Assemblée nationale à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Au-delà de la sémantique, le sujet divise même au sein des groupes. "Je continue de penser qu'on ouvre une porte beaucoup trop risquée", a déclaré Stéphane Peu, président du groupe communiste, évoquant notamment sa crainte de voir des malades demander l'aide à mourir parce qu'ils considèrent être "un poids" pour leurs proches ou la société.

"Il y aura une décision médicale (...) qui dira oui ou non, et qui, je le crois, ne considérera pas ce patient comme un poids pour la société", a répondu la ministre de la Santé Stéphanie Rist.

Jeudi, les députés devraient voter sur ce premier article-clé instaurant ce droit à l'aide à mourir, mais aussi aborder la question sensible des cinq conditions cumulatives pour demander cette aide à mourir.

Elles concernent aussi bien l'âge (le texte réserve à ce stade le droit aux majeurs), que la gravité de l'affection et des souffrances du patient, ou encore sa volonté "libre et éclairée".

Mercredi les députés avaient conclu l'examen, là-aussi en deuxième lecture, d'une première proposition de loi, pour l'accès égal de tous aux soins palliatifs.

Un vote solennel pour chacun des deux textes est prévu mardi après-midi, si les nombreux amendements sur l'aide à mourir sont étudiés d'ici là (il en restait 1.747 mercredi soir).

Un nouvel examen des deux textes est prévu au Sénat, du 1er au 3 avril.

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